Tête sans visage n° 001
Démarche artistique
Sculptée en terre cuite et marquée par les traces de la corrosion, la Tête sans visage n° 001 incarne la persistance de la mémoire silencieuse. Sa surface brute, ponctuée de formes irrégulières et de détails gravés, résiste à la douceur, faisant écho à la fragilité et à l’érosion du souvenir au fil du temps.
Les lunettes à monture métallique, d’un bleu et d’un rouge vifs, agissent comme une lentille symbolique : une double vision entre le poids de l’histoire oubliée et la promesse d’avenirs encore à imaginer. Cette juxtaposition transforme la sculpture en un artefact et un témoin – un monument fragile contre l’oubli.
Symbolisme
La tête s’exprime non seulement comme une forme individuelle, mais aussi comme partie intégrante d’un récit collectif. Elle reflète la tension entre mémoire et disparition, présence et absence – un emblème de la lutte de l’humanité pour préserver le sens face au passage du temps.
La collection « 100 Têtes sans visage » rassemble cent sculptures uniques, façonnées à la main en terre cuite et métal rouillé. Ces œuvres incarnent les visages invisibles de notre histoire collective : migrants sans papiers noyés en mer, victimes de l’esclavage, oubliés des génocides, anonymes dont la mémoire s’efface.
Chacune de ces têtes, volontairement dépourvue de traits, symbolise une vie, un passé, une histoire suspendue. Sans visage, elles deviennent les porte-parole silencieuses des mémoires individuelles et collectives, nous invitant à réfléchir à notre humanité partagée.
À travers cette série, l’artiste nous invite à reconnaître ces vies effacées et à reconstruire des ponts entre passé et futur. « Je lève mon verre aux sans-papiers qui périssent dans les mers et les déserts, je dénonce le fracas macabre des canons et des guerres… », déclare-t-il, exprimant ainsi la puissance émotionnelle et politique de cette œuvre.
« 100 Têtes sans visage » est bien plus qu’une collection d’art : c’est une photothèque sculpturale, un appel à la mémoire, au dialogue et à une compréhension plus profonde de nos racines communes.

Passionné par la mémoire collective et les questions d’identité, l’artiste travaille la terre et le métal pour donner forme à ce qui est souvent invisible ou oublié. Through the series “100 Heads Without Faces,” he offers a space for reflection and dialogue on the wounds of the past and the hopes for a more just future.